Revue de Presse

Remarquable pour son mélange des genres et son audace chez Sortir à Paris.

Une réussite artistique, féministe et non élitiste chez JustFocus.

Une légèreté riche de sens, qui nous parle de féminité chez Toute la Culture.

Un séduisant voyage dans l’intimité d’une adolescente chez Le Souffleur.

Impressionnante maîtrise des codes de la scène chez Reg’Arts.

Léonie Casthel s’interroge avec justesse et rébellion sur la condition féminine chez Hier au Théâtre.

Un beau texte, servi par une mise en scène soignée et inventive, pleine d’énergie et d’émotion chez VivantMag.

Presque une femme chez Rhinocéros.

Critiques du public sur BilletRéduc.

Critique du spectacle sur le Théâtre du Blog, par Mireille Davidovici :

Fugue en L mineure est la première pièce de Léonie Casthel. « Cette pièce s’est imposée à moi : elle parle de femmes et de rencontres, de celles qui permettent de se penser autrement et j’ai été très touchée par cette écriture affirmée, contemporaine et sensible », explique la metteuse en scène. En effet, l’itinéraire d’une adolescente en rupture de ban et le regard de celle-ci sur le monde témoigne d’une maîtrise de l’écriture, d’une finesse d’analyse et d’un style personnel et percutant.
La pièce, et par conséquent le spectacle, se construit en boucle, sur le mode de la fugue : autour d’Elle et de son double (sa voix intérieure incarnée ici par une deuxième comédienne), gravitent les personnages de son univers familial et social, ceux aussi qu’elle rencontre dans son périple. A cause d’une jupe trop courte, que son père lui interdit de porter car elle constitue selon lui un appel au viol, Elle fugue.
La gamine, en crise, s’interroge sur sa féminité, les garçons, la sexualité, la relation entre son père et sa mère ; depuis son point de fuite, Elle passe en revue des scènes traumatisantes de sa vie d’adolescente, surgies comme autant de flash back obsédants.
La metteuse en scène fait advenir tous ces personnages qui se déploient, comme une ronde, autour de l’héroïne, figures récurrentes et obsédantes. Musique et gestion de l’espace, lumières, tout ici contribue à créer des images fortes. Et quand la pièce prend une tonalité de manifeste féministe, Chloé Simoneau sait en doser les nuances au point de ne pas faire diversion. Si bien que le spectacle, tout en étant engagé, ne perd jamais de sa force poétique.

 

Interview de Chloé Simoneau, la metteuse en scène :

« Fugue en L Mineure est la première pièce d’une jeune autrice qui s’appelle Léonie Casthel, que j’ai découverte grâce à Lola Roskis Gingembre qui est une des comédiennes principales du projet et qui est une amie de Léonie Casthel. Avec Lola, nous jouiions ensemble sur un autre projet et nous nous sommes beaucoup interrogées sur le théâtre, sur comment on voulait le faire. Elle savait que j’étais intéressée par la mise en scène et donc elle m’a fait lire le texte de Léonie. En le lisant, j’ai été tout de suite séduite par l’écriture. C’est à la fois très contemporain, très sensible. Ça parle de sujets qui nous touchent, Lola et moi, comme le regard de l’autre, les questions sur le genre, sur la féminité, sur la violence symbolique qu’on peut ressentir à plein de moments dans cette société… Finalement le thème qui se dégage concerne la grille qu’on veut se construire pour essayer de vivre un petit peu plus libre. Et puis, il y a beaucoup de personnages ; il y a aussi un travail sur deux voix par rapport au personnage principal, cette adolescente qui fugue et qui au cours de son périple va se remémorer plein de moments de son enfance et de son adolescence et qui va faire des rencontres nocturnes qui vont la pousser à réfléchir sur ce qu’elle est. Ce voyage là, elle va le faire avec une conscience, qui va être cette deuxième voix. Il y a dix-sept personnages qui seront incarnés par six comédiens.»

(Extrait)

 

Interview croisée de Léonie Casthel, Chloé Simoneau, Julie Ménard, Lola Roskis-Gingembre, Blandine Pélissier : 

Chloé. Le parcours initiatique de l’héroïne adolescente est très intéressant. Et le basculement vers la mère. La pièce met en résonnance deux parcours de femmes de deux générations différentes. Elles ont différemment vécu leur féminité mais ont eu malgré tout des questions à se poser. Et des choses à (devoir) assumer.

Julie. Nous avons la chance de porter une parole féminine, mise en scène par une femme. On en a ras-le-bol des héroïnes fantasmées par les metteurs en scène hommes.

Léonie. On en a assez de la « manic pixie dream girl » de service. Ces femmes au cinéma qui ne sont là que pour apporter un brin de fantaisie et de légèreté dans la vie du héros. Ces femmes dont on connait à peine le métier, un truc vaguement artistique mais pas trop. Ces femmes dont on ne sait pas vraiment si elles gagnent leur vie. Ces femmes toujours mignonnes, toujours prêtes à faire rire et surprendre le héros pour l’emmener loin de sa grisaille morne. Ces femmes qui ne vivent que pour le héros. Ces femmes qui n’ont pas de vie propre.

Julie. C’est appréciable pour une comédienne de jouer une héroïne non-romantique.

Léonie. Une héroïne qui peut parler de ses poils sans que ce soit un tabou ou un événement.

(Extrait)

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